The Human Movement Therapy

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Votre coaching est-il en train d'alimenter les dysfonctions de vos athlètes ?




Quel est votre rôle principal en tant que coach ?

Faire progresser, décrocher une médaille, détrôner un record ? Je ne crois pas. Je pense qu'en tant que coach, notre rôle premier est de nous assurer de l'aptitude physique d'un individu.

Pourtant je vois trop de coachs, imposer à leurs athlètes des mouvements complexes pour lesquels ils ne sont pas prêts, sous prétexte qu'ils ont de la force, ou que ça rend tout simplement joli sur Instagram de poster une vidéo d'un gars en train de squatter sous la parallèle. Jusqu'au jour, où ces athlètes commencent à se plaindre de douleurs articulaires/musculaires.

En tant que coach, il est absolument INDISPENSABLE d'évaluer minutieusement, et de quantifier précisément les capacités physiques d'un individu.


Ce n'est qu'après, qu'on peut envisager d'augmenter les capacités physiques de l'individu (le renforcer) sur le plan musculaire et articulaire pour qu'il développe des aptitudes.

On appelle cela le learning process. Cela pourra paraître paradoxal mais...

Pour progresser, s'améliorer, il est important que l'athlète échoue régulièrement dans ce processus. Mais attention, cet échec peut comporter des risques.


Si l'individu entraîné ne dispose pas de ces capacités physiques, son échec peut être un véhicule pour une potentielle compensation et peut-être même à terme la blessure.

En revanche, si l'individu dispose de ces capacités physiques, l'échec au contraire sera un mécanisme pour mieux apprendre leurs aptitudes. Il sera donc bénéfique.

Certains exercices se méritent. Oui, oui.

L'athlète doit mériter le droit de les exécuter.


Par exemple : pour faire un overhead : un individu a besoin d'une flexion d'épaule de 180°. S'il ne dispose seulement que de 160° de flexion active : son overhead ne sera pas possible. Regardez vos force-athlètes ou haltérophiles squatter.

Présentent-ils des compensations majeures ?

Leur mobilité est-elle suffisante pour réaliser le mouvement compétitif ?

Si non, pourquoi les faites-vous déjà squatter ?

N'y a-t-il pas d'autres choses à travailler auparavant ?

Etes-vous sûr de les coacher vers l'amélioration de leur fonctions, et de leur santé globale ? Ou êtes-vous en train d'alimenter leurs dysfonctions sans vous en rendre compte ?

Leur progression et leurs éventuelles blessures futures incombent aussi en partie de votre responsabilité. C'est à vous de déterminer ce qu'ils sont prêts ou non à exécuter.


La question essentielle à se poser alors en tant que coach est la suivante :

Ton athlète a-t-il les capacités physiques nécessaires pour réaliser les mouvements que tu veux qu'il exécute, sans compensation ?

S'il n'a pas cette amplitude de mouvement sous tension (cette ROM = range of motion) pré-requise, alors il vaut mieux travailler à l'acquérir dans un premier temps. La frontière entre fonction et dysfonction est mince.

En tant que coach, notre mission principale devrait être d'entraîner nos athlète sans alimenter leurs dysfonctions. Cette valeur devrait être notre fil conducteur.


Comment faire ?

Une question essentielle que nous devrions nous poser est la suivante :

Qu'est ce que ses articulations/muscles sont-ils capables de faire ?

Il est impératif de savoir où commencer, de connaître sa ligne de départ, sa baseline, pour savoir où on veut aller, où on va aller. Pour cela il faut évaluer et quantifier.

Sans évaluation, tout correction est rendue impossible.

Et surtout si on ne quantifie pas, on n'aura pas de repères pour savoir si la personne s'améliore. Pour savoir si notre coaching est efficace.


Cette évaluation, contrairement à ce que l'on voit souvent, n'a pas besoin d'être sophistiquée. A chaque fois que quelqu'un fait un deadlift, c'est une évaluation en elle même. Si tu es attentif, observateur, tu pourras remarquer que la manière de bouger de l'individu est un langage en elle-même. Elle reflète énormément de fonctions/dysfonctions. En tant que coach, il faut apprendre ce langage corporel.

S'en imprégner, pour qu'il devienne évident.

Un peu comme ces vieux sages qui en clin d’œil détecte les fines erreurs des athlètes les plus aguerris, du fond d'une vieille salle poussiéreuse d'haltérophilie.

C'est un apprentissage, en continu, qui prend du temps.


C'est l'oeil qu'il faut aiguiser avant tout. Maîtriser tous les tests évaluatifs décrits dans la littérature scientifique ne sera d'aucun intérêt, si cette sensibilité perceptive n'est pas développée, affinée. C'est de la responsabilité de tout un chacun qu'il incombe de prendre le temps de regarder ses athlètes bouger, se mouvoir. De comprendre leur mécanique corporelle. Et de déterminer si oui ou non l'athlète dispose des pré-requis pour exécuter certains exercices complexes, et démarrer une planification de progression.


L'analyse de ces pré-requis nécessaires à la performance fera l'objet d'un prochain article :)



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