COREGASM, MYTHE OU REALITE ?



Si tu as déjà expérimenté un orgasme pendant un training, tu fais partie des personnes qui ont vécu un coregasm (1 personne sur 10 environ l’expérimenterait à un moment de sa vie, paraît-il). Si tu as fait des recherches sur le sujet, tu t’es certainement rendu compte que c’st un sujet peu abordé. Les études scientifiques sont très rares. Les femmes qui témoignent sont peu nombreuses. Et alors du côté des hommes, c’est pire. C’est le néant. C’est complètement tabou.


Pourtant, autant les hommes que les femmes, sont concernés. Ce n’est pas un mythe. Le coregasm est une réalité. Et il n’y a rien d’anormal là-dedans.

C’est un orgasme très profond provoqué par l’activité physique, sans qu’il n’y ait de friction/stimulation du sexe ou de contact physique. Pour les femmes, le coregasm reproduit plutôt les sensations d’un orgasme vaginal, et chez les hommes, c’est plutôt similaire à un orgasme prostatique. Alors pour ceux qui n’ont jamais expérimenté d’orgasme dans leur vie, c’est pas une honte, nombreux(ses) sont ceux/celles qui n’ont jamais connu d’Orgasme, avec un grand O. On va dire que le ressenti, pour les hommes, comme pour les femmes, est beaucoup plus profond, en interne. Chez les femmes, il se déclenche au niveau de la zone abdominale et descend au niveau vaginal pour les femmes. Chez les hommes, la sensation est différente de celle d’une éjaculation, c’est plus fort, plus intense.


Il se déclenche involontairement au départ, mais avec l’expérience, il peut se déclencher volontairement (personnellement, j’arrive à le contrôler et à le déclencher aussi vite qu’en 30’’, à n’importe quel moment, endroit). La petite différence avec l’orgasme au lit, c’est qu’on a beaucoup plus de contrôle dessus. Il peut arriver très vite, mais avec l’expérience, on peut apprendre à le stopper, ou le ralentir, le faire durer, avant d’atteindre le climax.

Il faut savoir qu’il peut se produire, même si vous n’avez jamais eu d’orgasme avec votre partenaire. Vous pouvez en avoir régulièrement sur vos trainings, sans pour autant réussir à avoir d’orgasme au lit. Ca paraît étonnant, mais c’est très fréquent.




Chez les hommes, il n’implique pas toujours l’érection. Mais très souvent l’éjaculation. Les hommes qui ont un coregasm, peuvent donc éjaculer sans avoir eu d’érection.

C’est la raison du tabou, éjaculer en pleine séance de sport, ça peut être gênant. De la même manière qu’avoir les signes d’un orgasme à la vue de tout le monde pour une femme, peut être embarrassant. Surtout en public. Et alors, dans les professions militaires, ou un peu sportives, la gêne est encore plus grande. L’autre côté gênant, c’est le fait qu’une fois qu’on atteint le climax, poursuivre l’effort est compliqué.


Par expérience, sur du Crossfit, impossible de continuer des pull-ups ou toes to bar, ou ghd sit ups, ou même des rings dips après un coregasm. T’es tellement relâché, que tes muscles ne se contractent plus. En compétition, ça devient problématique. Et ça peut te coûter un podium. Sur de la muscu classique, c’est pareil, impossible de faire des séries longues. Ou de terminer le training. Faut attendre que les effets passent, pour recommencer ses séries.

Mais, qu’est-ce qu’il se passe au juste pendant un coregasm ?

Come avec le point G, les scientifiques ne sont pas très sûrs. Mais si on étudie un peu le système nerveux, et qu’on se base un peu sur l’expérience du terrain, on peut trouver des réponses.

Déjà il faut savoir que le coregasm se produit souvent, quand on active la région abdominale (surtout la partie basse), et qu’on atteint la fatigue musculaire (échec). L’orgasme de base est la résultante d’une activation des 2 branches du système nerveux : le système nerveux sympathique (SNS) et le système para-sympathique (PSNS). Qui sont un continuum. Les deux fonctionnent en permanence à des degrés différents.





Au début de l’acte sexuel, le PSNS domine et est responsable de la vasodilatation (érection/excitation). Puis au fur et à mesure qu’on atteint sa limite sur le PSNS, on bascule sur une dominante en SNS, responsable de la vasoconstriction, c’est l’orgasme/éjaculation.

Lors d’un training, on augmente la vasodilatation (PSNS), le sang circule plus vite pour alimenter les muscles en sang & oxygène. Et augmente la vascularisation de la région génitale. Idem, l’état nerveux stimule l’excitation.


Mais attention sur un workout trop intense ou trop calme, cela pourrait être compromis, car une activation trop importante du SNS ou au contraire trop faible, peut engendrer l’effet inverse et inhiber le désir sexuel. C’est donc une intensité modérée qui favorise l’expérience du coregasm, avec un juste équilibre entre SNS et PSNS. Néanmoins la fréquente absence d’éjaculation, malgré orgasme, chez les hommes sur un coregasm, peut laisser penser à une dominante du PSNS (même si aucune étude n’existe là-dessus).





Aussi la contraction des muscles de la région abdominale (surtout basse) et du plancher pelvien, pendant le training, stimule la région génitale chez les femmes, et la prostate chez les hommes & les multiples terminaisons nerveuses de la région, qui entourent la zone. D’où cette sensation d’orgasme, très profonde, et en interne.

C’est pour celà, que le coregasm arrive très souvent sur des exos qui stimulent cette région-là : L-sit, hollow, pull-ups, planche, toes to bar, V up, chaise romaine… Mais ça peut arriver aussi sur un lift de power !



Avoir un coregasm, n’a rien d’anormal. Il n’y a pas de honte à avoir.

Pendant longtemps, je ne savais pas trop à qui en parler, surtout que c'est devenu quasi quotidien, sur chacun de mes entraînements. Ca a commencé vers mes 18 ans. De temps en temps. Parfois ça m'arrivait en public, sur des séances de groupe, ou dans des salles commerciales. Puis c'est devenu quasi quotidien, à chaque séance. Parfois, ça se déclenchait devant mon coach. Je demandais au gynéco, et personne n'avait d'explication.

Au final, je gardais ça pour moi, mais j'entendais des nanas qui parlaient de ça comme d'un truc super, presque impossible, qu'elles recherchaient à tout prix, comme si c'était le Saint Graal. Ca me faisait beaucoup rire, parce que moi je le vivais tous les jours. Et qu'elles, elles se tuaient aux programmes d'abdos pour connaître ce fameux coregasm. Avec l'âge, j'ai compris, que même si parfois c'était gênant pour faire mes séances, ca avait quand même beaucoup d'avantages ! Premièrement, c’est très agréable (et si t’es célibataire, ça a des avantages ! ). Deuxièmement, tu apprends à connaître ton corps différemment. Enfin, si tu as la chance de l’expérimenter régulièrement, tu peux apprendre à le maîtriser. En apprenant à bouger d’une façon qui augmente ton excitation ou stimule certaines zones en toi, tu peux le restituer au quotidien, avec ton/ta partenaire. Et la vérité, c’est que mieux tu connais ton corps, plus tu l’apprivoises, et plus le plaisir dans ta vie sexuelle sera important.


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